J’étais assise dans l’obscurité totale, et le téléphone vibrait dans ma main, comme s’il essayait de me rappeler quelque chose que je voulais oublier à jamais.

J’étais assise dans l’obscurité totale, sans bouger, comme si le moindre mouvement pouvait briser l’équilibre fragile qui me maintenait encore debout. La pièce était plongée dans un noir si profond qu’il semblait avaler les pensées elles-mêmes. Seule la vibration du téléphone, régulière et insistante, prouvait que le temps continuait d’avancer.

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Je ne regardais pas l’écran. Je n’en avais pas besoin. Mon corps avait reconnu ce signal bien avant mon esprit. Certaines présences ne disparaissent jamais vraiment ; elles changent seulement de forme. Le téléphone vibrait dans ma paume, chaud, presque vivant, et chaque vibration faisait remonter une émotion que je croyais enterrée depuis longtemps.

Dans le silence, les souvenirs revenaient par fragments. Pas comme un film cohérent, mais comme des éclats : un rire qui sonnait faux, une promesse murmurée trop vite, une nuit où j’avais compris que certaines portes, une fois fermées, ne se rouvrent jamais sans douleur. J’avais voulu oublier pour survivre, pour respirer à nouveau, pour ne plus avoir peur de moi-même.

La vibration s’est faite plus forte. Mes doigts se sont crispés autour du téléphone, comme si je pouvais l’empêcher de m’atteindre. Une partie de moi suppliait pour que cela s’arrête. Une autre, plus silencieuse, voulait savoir. L’attente est parfois plus cruelle que la vérité.

Je me suis demandé combien de temps on peut fuir son passé avant qu’il ne nous rattrape. Combien d’années sont nécessaires pour transformer une blessure en cicatrice, et combien de courage il faut pour accepter que certaines cicatrices ne disparaîtront jamais complètement. Dans cette obscurité, je me sentais à la fois fragile et étrangement lucide.

Puis, soudain, le téléphone a cessé de vibrer. Le silence est revenu, plus lourd encore qu’avant. Je suis restée immobile, le téléphone toujours dans la main, comme un objet chargé de sens que je n’étais pas prête à lâcher. La peur était toujours là, mais elle avait changé. Elle n’était plus paralysante.

Peut-être que l’oubli n’était pas la solution. Peut-être que vivre, c’était apprendre à coexister avec ce qui fait mal, sans le laisser nous définir. Assise dans le noir, j’ai compris que certaines choses ne s’effacent pas, mais qu’elles peuvent perdre leur pouvoir.

Je suis restée là longtemps, respirant lentement, laissant le silence m’envelopper. Et pour la première fois depuis des années, je n’ai pas espéré que le téléphone se remette à vibrer. J’ai simplement accepté que ce que je voulais oublier faisait aussi partie de moi — et que cela ne m’empêchait pas d’avancer.

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