Une femme s’est évanouie si rapidement qu’elle a perdu connaissance. Sa main, qui tenait la poignée de la porte, s’est crispée et sa voix a disparu pendant quelques secondes.

C’était un matin comme tant d’autres, mais pourtant différent. La lumière du jour filtrait à travers les rideaux, douce et fragile, et pourtant elle n’apportait aucun réconfort. La femme se tenait dans le petit couloir de son appartement, sa main posée sur la poignée froide de la porte. Chaque pensée semblait se dissoudre dans un brouillard invisible, et un vertige étrange l’envahit soudain.

Avant même de comprendre ce qui se passait, elle s’évanouit. Si rapidement que son corps sembla oublier qu’il existait. La main qui agrippait la poignée se contracta avec force, comme si elle essayait désespérément de retenir quelque chose d’insaisissable. Sa voix disparut presque instantanément, ne laissant derrière elle qu’un silence épais et lourd dans la pièce.

Pendant ces quelques secondes suspendues, le monde sembla se figer. Elle ne voyait ni le sol, ni les murs, ni la lumière qui dansait sur le parquet. Tout ce qui existait était un mélange de sensations fragmentées : le froid du carrelage sous ses pieds, le goût métallique dans sa bouche, le souffle irrégulier de son propre corps. Ce n’était ni peur, ni douleur, juste une curiosité intense et silencieuse pour ce moment entre la conscience et l’oubli.

Quand elle revint à elle, assise sur le sol, appuyée contre le mur, la pièce était exactement comme avant. Pourtant, tout paraissait légèrement déplacé, comme si l’air lui-même avait été réarrangé. La poignée de la porte, qu’elle avait tenue si fort, était désormais un simple objet froid, sans pouvoir. Son souffle redevint régulier, et sa voix fragile reprit, rauque et étrangère à ses propres oreilles.

Elle ne sortit pas ce jour-là. La porte resta fermée, mais elle n’était plus une barrière : elle était un témoin silencieux de ce qu’elle venait de vivre. Assise près de la fenêtre avec une tasse de thé, elle regardait les gens dans la rue passer sans se douter que, quelques étages plus haut, quelqu’un avait disparu du monde pendant un instant, pour revenir plus attentif, plus vivant, mais changé à jamais.

Ce moment lui rappela combien la frontière entre « être » et « ne pas être » pouvait être fragile, et combien un simple geste du quotidien – ouvrir une porte – pouvait devenir un lien avec l’inattendu. Chaque respiration, chaque battement de cœur semblait désormais plus précieux, et la vie elle-même lui apparaissait dans toute sa fragilité et sa beauté inattendue.

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